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RDC – Salaire des fonctionnaires : « un droit constitutionnel, pas une faveur ministérielle » (Serge Bondedi Eleyi)

Serge Bondedi Eleyi, activiste et défenseur des droits humains RDC

Une affiche, quelques mots, et l’indignation gronde dans tout le pays. Présenter le versement des salaires des agents publics comme un geste généreux méritant des remerciements au Ministre des Finances n’est pas un simple manquement : c’est une insulte à la dignité des fonctionnaires et à la République elle-même.

 

Serge Bondedi Eleyi, activiste des droits humains, secrétaire général et représentant juridique de l’ONG Youth Men Action for Education (YMAE), dénonce sans détour cette communication qu’il qualifie de dérive autoritaire, détournant un droit fondamental en acte de soumission.

Tenez !

« Le droit au salaire ne dépend pas de la mansuétude d’un haut fonctionnaire ni moins de la volonté du Ministre des Finances soit-il. Il s’agit d’un droit fondamental, lié au travail et à la dignité humaine. Lorsque l’État rémunère, il n’effectue pas une faveur : il remplit une obligation juridique et sociale », explique-t-il.

Dans un pays où les retards de paiement, les tracasseries administratives et les incertitudes budgétaires plombent déjà le quotidien des agents publics, présenter ce droit comme un acte de générosité est une provocation, un affront au principe même de l’État de droit.

L’activiste insiste : « Transformer ce droit en objet de gratitude, c’est dévaloriser le principe même qui fonde l’État-providence et la sécurité sociale : ce ne serait plus une garantie collective mais un acte de charité, conditionné par la bonne humeur de ceux qui tiennent les cordons de la bourse », martèle-t-il.

Selon lui, cette rhétorique impose aux fonctionnaires une humiliation économique et morale, en les réduisant à des bénéficiaires redevables plutôt qu’à des citoyens titulaires de droits.

Une fracture qui menace la République !

Serge Bondedi Eleyi pointe le danger pour la citoyenneté : « Écrire sur le salaire comme s’il était une faveur accordée contribue à une culture de dépendance et d’humiliation économique : les bénéficiaires sont amenés à se sentir redevables pour un droit qui devrait être inaliénable », martèle-t-il.

Une telle communication, avertit-il, sape la confiance dans les institutions et fragilise la démocratie en installant une distance entre gouvernants et gouvernés.

Plus alarmant encore, prévient-il, « communiquer sur le salaire comme un geste de bienveillance autoritaire fragmente la citoyenneté : elle crée une distance entre ceux qui décident et ceux qui reçoivent, alors que la démocratie exige transparence, reddition de comptes et respect des droits ».

Dans un contexte congolais déjà marqué par l’incertitude et l’injustice sociale, chaque mot compte. Le salaire n’est pas une faveur, il est un droit inaliénable, un socle de dignité et de justice sociale.

Aujourd’hui, il est urgent de rappeler à tous les décideurs; le respect des droits économiques et sociaux ne se quémande pas, il s’impose. Dans une République digne de ce nom, le salaire des fonctionnaires est garanti, appliqué et respecté, et nul ne peut transformer ce droit en prétexte à gratitude forcée.

 

BLAISE-PASCAL BONDUKU
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